La question triturait depuis longtemps économistes et philosophes : ce qui ne peut s'acheter est-il dépourvu de valeur ?
Une étude récente à Columbia portant sur la distribution de l'aide humanitaire contre la malaria en Afrique et reprise par Jeffery Sachs, économiste à Harvard et ancien conseiller de Bill Clinton, dans Scientific American nous apporte un élément de réponse.
En pratique, il était question de faire une comparaison entre les populations bénéficiant d'une distribution gratuite de moustiquaires anti-malaria et celles pour lesquelles on maintenait un prix minimum afin de maintenir une certaine valeur à celles-ci. L'objectif affiché dans le deuxième cas était usuellement d'éviter le détournement de la distribution au profit d'une revente du matériel ou d'un usage "in-approprié" (en l'occurence, s'en servir comme filet de pêche d'après l'article).
Bilan : c'est la gratuité qui gagne. L'aide gratuite a bien été massivement déployée sans pour autant constater de dérives liées à cette gratuité. Tandis que la distribution subventionnée s'est heurtée à la barrière du prix qui, si bas soit-il vu depuis l'extérieur, a considérablement freiné la diffusion de l'aide.
Le bon prix était donc bien la gratuité, tout ça sans oublier, bien sûr, que si tout a un prix, ce qui s'achète n'a que peu de valeur (Nietzsche)..
