Eric Schimdt, CEO de Google, remet en cause la théorie de la long tail dans une récente interview donnée à Mc Kinsey Quaterly. Selon Chris Anderson de Wired, cette loi veut que les produits qui sont l’objet d’une faible demande, ou qui n’ont qu’un faible volume de vente, peuvent collectivement représenter une part de marché égale ou supérieure à celle des best-sellers, si les canaux de distribution peuvent proposer assez de choix.
C'est la cas par exemple avec Amazon qui vent plus de livre rare que de best-sellers ou de Fotolia qui ne vend une photo à qu'à un petit nombre d'acheteurs mais qui adresse un marché important avec de très nombreux acheteurs.
La distribution de la long-traîne
Contrairement à une idée reçu, le business modèle Google ne s'appuie pas réellement sur la notion de long tail. L'essentiel des profits est réalisé sur la partie centrale de la courbe.
Et selon lui, Internet à plutôt un effet centralisateur sur le marché, avec des marques plus fortes et des niveaux de concentration plus importants, à l'opposé de la théorie d'Anderson.
Schmidt dirige l'entreprise la plus centrale de l'internet et il est aux 1ères loges pour voir se construire le monde de demain.
Il explique que les cycles économiques vont continuer à s'accélérer, de même pour les rythmes de vie, et que le cloud va peu à peu devenir omniprésent.
Il indique que la gratuité est modèle redoutable si on est capable de construire dessus une marque et de proposer du service (payant).
Il évoque un nouveau modèle économique pour la téléphonie mobile. Les coûts de transmission étant quasi nul, l'essentiel des charges des opérateurs provenant des investissements en infrastructure, Schmidt propose de vendre une fois pour toute le téléphone (avec une petite partie du cout d'infrastructure) et de laisser son utilisation libre, gratuite. L'allusion est à peine voilée, mais chacun sait que Google lorgne sur le marché des communications mobiles..
Il définit aussi la stratégie d'innovation de Google comme étant d'innover à une échelle systémique tout en diversifiant son portefeuille de projets, pour naturellement réduire le risque spécifique de leurs recherches.
L'article original provient de Mc Kinsey Quaterly et est disponible ici.

C'est très intéressant. On voit bien ce phénomène sur internet en termes d'investissements publicitaires. De la même façon qu'ils achètent un spot avant le 20h sur TF1, les annonceurs du web cherchent des sites à fortes audiences (Google, MSN, Yahoo), sur lesquels ils touchent un public large (9 internautes sur 10...), et achètent de gros volume de campagne. Les régies qui agrègrent un réseau d'une multitude de sites engrangent tout de même moins d'argent. Le seul acteur qui avait un business model de long tail à succès aurait pu être google, puisque s'adressant aux petits annonceurs de la long tail avec des annonces peu chères et peu couteuses en créa (liens textes). Mais au final on se rend compte que Google aussi réalise la majorité de son CA sur les gros annonceurs.
Rédigé par: Emilie | 30 décembre 2008 à 18:46
Bonjour Jean-Baptiste,
Je ne suis pas tout à fait d'accord avec toi. Ce que je comprends de l'interview d'Eric Schmidt c'est que aujourd'hui très clairement l'essentiel des revenus de google est fait grâce à ses principaux annonceurs. Cependant, c'est sur les petits annonceurs que Google trouvera en 2009 son relais de croissance, il faut penser à toutes ces PMEs qui ne sont pas encore sur Google Adwords et le seront de plus en plus. D'autre part, vus les montants investis par ces gros annonceurs sur Adwords, ils peuvent se poser la question de l'investir sur d'autres médias et abandonner leur campagne adwords du jour au lendemain...ce qui n'est pas le cas pour des PMEs qui investissent quelques euros par jour sur des mots clés ciblés.
Vincent
Rédigé par: Vincent Huguet | 31 décembre 2008 à 16:56
Je ne sais pas, il faut envisager plusieurs scénarios : les PME vont elles augmenter leurs dépenses, les grands compte vont ils maintenir leur budget.. ?
Pour les grands comptes, il me semble que la réponse est clairement oui, que la crise les incitent à reporter leur dépenses publicitaires des autres médias sur internet où le ROI est immédiatement mesurable.
Pour les PME, en France je suis perplexe tant les grands groupes sont prédominants.
Ce qui pourrait être intéressant serait de savoir comment la répartition des revenus entre grands groupes et PME va évoluer. Les grands groupes vont-ils continuer à capter la majeure partie de la valeur? La crise va-t-elle regonfler le tissus des PME qui, plus nombreuses, investiront ensemble plus en Adwords?
Google étant branché plus ou moins directement sur l'économie, la structuration des clients doit probablement compter également.
"While you can have a long tail strategy, you better have a head, because that's where all the revenue is."
Rédigé par: jean-baptiste dumont | 31 décembre 2008 à 17:16